News

Le secteur marocain du textile veut intégrer la RSE dans la stratégie des entreprises

26/05/2004

L'Association marocaine des industries du textile et de l'habillement (AMITH), qui représente un des premiers employeurs du pays, souhaite mettre à niveau les entreprises du secteur en les incitant à intégrer des normes sociales plus élevées.

Les entreprises occidentales qui sous-traitent la fabrication de prêt à porter et de jeans aux entreprises marocaines devront probablement dorénavant compter dans leurs coûts cette nouvelle donne : la RSE fait son apparition dans les usines textiles locales. Cette prise de conscience, représente une avancée significative dans un secteur traditionnellement peu enclin à inscrire le bien-être de ses ouvriers dans ses priorités.

Pour les promoteurs de cette initiative, il s'agit d'améliorer les conditions de travail, de mieux réguler le temps de travail et les heures supplémentaires, tout en revoyant les systèmes de rémunération et en s'attachant à une amélioration de l'hygiène et de la sécurité et de la qualité de vie des employés.

Selon le président de la Charte d'éthique de l'AMITH, Mohamed Tamer « ce n'est rien de compliqué ni de coûteux à mettre en place puisqu'il s'agit d'une des normes des plus élémentaires qui doivent exister dans une entreprise ». Pour convaincre les adhérents de son organisation de se rallier à la RSE, Mohamed Tamer met en avant le fait que les actions correctrices auxquels ils se livreront auront un impact immédiat en gains de productivité et en qualité des produits. A cela, il ajoute un argument auxquels devraient être sensibles les industriels : le retour très rapide sur investissement avec par exemple la possibilité de renégocier leurs contrats d'assurance ! Enfin, dans le cadre des appels à sous-traitance de sociétés étrangères, la mise en conformité des entreprises marocaines par rapport aux réglementations et codes de conduite internationaux peut représenter un réel avantage concurrentiel, notamment au moment où la Chine et certains pays asiatiques attirent de plus en plus d'investisseurs, alléchés par le dumping social.

Un projet-pilote de sensibilisation a déjà vu le jour, auquel a participé une dizaine d'entreprises volontaires qui ont été accompagnées dans leur mise en conformité sociale par le comité d'éthique de l'AMITH. Celui-ci souhaite se livrer à la même opération avec 50 à 80 entreprises par an, jusqu'en 2006.

Enfin, le 3 juin dernier, un séminaire intitulé « Fibre citoyenne pour un tissu social sain » a travaillé à promouvoir les bonnes pratiques de RSE dans les entreprises. Les sociétés-pilote y ont apporté leur témoignage et des représentants des donneurs d'ordre occidentaux (Levi-Strauss, Marks & Spencer, Inditex/Zara, Decathlon, etc.) ont expliqué ce qu'ils attendent de leurs fournisseurs en matière de RSE.