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Lancement du Global Compact en Colombie

28/05/2004

Deux jours de conférence, les 28 & 29 mai derniers à Bogota, sous l'intitulé « Global Compact Policy Dialogue Meeting », où il fut question du rôle clé « du secteur privé dans la prévention des conflits et la construction de la paix », ont présidé au lancement du Global Compact en Colombie.

Dans un pays miné par une violence endémique et où une partie des structures économiques est détenue par les cartels de la drogue, le lancement du Global Compact - cette initiative onusienne de Kofi Annan pour promouvoir la responsabilité sociale des entreprises - pourrait avoir quelque chose de dérisoire. Pourtant, il s'agit probablement là de la première tentative internationale pour associer les entreprises privées à la lutte contre la déstructuration sociale et économique des pays en conflit et à l'instauration d'une culture de paix.

Dans le message qu'il a adressé aux 150 représentants du secteur privé, de la société civile et des gouvernements qui assistaient à la conférence de lancement, Kofi Annan n'a pas manqué de rappeler que les entreprises opéraient fréquemment dans des zones conflictuelles ou de conflits potentiels, dont elles devenaient assez souvent indirectement des parties prenantes.

En effet, beaucoup d'entre elles tirent leurs revenus de la vente des armes utilisées lors de ces conflits ainsi que de l'extraction ou du négoce de ressources naturelles à l'origine de certains d'entre eux, ou qui sont des sources de financement pour les gouvernement des états en guerre ou pour leurs opposants. K. Annan a d'ailleurs souligné que « dans de nombreuses situations, le chaos créé par les conflits ont permis l'exploitation illégale des ressources, sans considération pour l'équité ni pour l'environnement. Lorsque les populations locales sont exclues des discussions sur l'accès et le contrôle des ressources naturelles - et que les communautés n'en retirent qu'un très faible bénéfice - c'est également une cause de conflit ». Et le secteur privé a « un intérêt, une responsabilité et une influence potentielle énormes dans la recherche de solutions pacifiques. Après tout, les entreprises ont besoin d'un environnement stable pour conduire leurs activités et minimiser leurs risques. Leur réputation - auprès du public, de leurs salariés et de leurs actionnaires - ne dépend pas uniquement des produits et services qu'elles fournissent, mais également et beaucoup de quelle façon ils sont fournis. La bottom line ne peut plus, ne doit plus être coupée de certains des objectifs clés des Nations Unies et de la communauté responsable mondiale : paix, développement et équité. Ce sont là des raisons indépaasables qui expliquent pourquoi le monde des affaires doit jouer un rôle actif et s'attaquer à ces questions, sans attendre qu'on l'y sollicite ».

Reste que le dixième principe du Global Compact - la lutte contre la corruption - actuellement en discussion, risque bien de rester encore longtemps lettre morte en Colombie ...